Quelques témoignages
Le plus court des
romans, ce qui pas plus pour un livre que pour un couteau
ne l'empêche d'entrer d'un coup dans le cœur.
Aragon
New York 31 juillet
1943 Très bien, votre article : " Conversation avec X ".
À travers ce qui s'écrit - ou le peu qui me parvient - une des seules choses
que je tienne pour justes de ton, vraiment sensibles, agitantes,
et qui parviennent encore à combler l'effroyable distance qui sépare ce qui
a cours ici A
et ce qui nous tient à cœur. Je ne doute pas que nous continuions à différer
sur toutes sortes de solutions mais j'ai tenu à vous dire que, par delà ces
divergences
(qui tiennent sans doute à ce que le compas de la connaissance et du progrès
humain
n'est pas ouvert de même pour vous et pour moi), je me crois tenu
à vous écrire - bien mal - qui vous êtes pour moi une des rares voix
qui se fassent entendre dans la nuit.
André Breton
C'est un roman
terrifiant (Deuil en 24 heures), un roman qui devrait être lu
par tous les Américains.
Il existe des livres qui racontent l'histoire et hommes et des femmes consumés
par les flammes de la guerre qui fait rage d'un bout à l'autre de la terre,
mais ce roman les domine de loin.
Erskine Caldwell
mardi [26 / IV
/ 32]
Merci mon cher de votre invitation. J'ai déjà vu City Streets au Vx Colombier.
Je viendrai dîner un de ces prochains jours en vous téléphonant la veille.
Ma main amie à vous deux.
Blaise Cendrars
Le livre est avare
de paroles. Il est localisé et précis comme un bon cardiogramme.
On ne lit pas un pareil livre les yeux pleins de larmes. On le lit en se rappelant
sa propre vie ;
on le lit en se répétant les paroles à voix basse et en sentant l'amertume dans
sa bouche.
C'est un bon livre : il ne se borne pas à laisser un goût amer, il rend la vue
nette.
Victor Chklovski
Voici déjà six
mois qu'a paru le Panorama de la littérature russe contemporaine.
Je le lus dès sa publication et cette lecture m'attacha si fort que je promis
à son auteur,
Vladimir Pozner, de dire ici combien son livre m'apparaissait utile, vif et
divers.
Je m'excuse publiquement auprès de M. Pozner de tenir parole aujourd'hui seulement,
mais sans trop de remords. Son ouvrage est de ceux qui n'ont pas à compter avec
la date d'un article.
Sa robustesse le place sur un plan plus haut, plus solide que celui de l'actualité.
Joseph Kessel
Le sujet est incomparable
; on dirait que l'art du roman ne pourra jamais l'égaler ;
Pozner y parvient, et c'est en toute simplicité, à force d'avoir vécu intensément
ce que d'autres n'avaient fait que subir. Les romans de guerre passés, de Zola,
et même de Barbusse,
ne permettaient, en guise de conclusion, que de vagues prévisions à long terme.
Ici, par contre, l'avenir, déjà entré en action, ne semble plus admettre ni
délai ni subterfuge.
Le livre de Pozner nous aide à garder notre courage ;
et c'est de cela et de bien d'autres choses que nous le remercions.
Heinrich Mann
Paris,
le le 10 mars, 1928. Pneumatique.
Cher Ami,
Je viendrai donc vous chercher demain matin, entre 9 h1/2 et 10h.,
pour jouer au basket-ball, ainsi que nous en avons convenu par téléphone.
Très cordialement vôtre.
Philippe Soupault